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Dans le 16è arrondissement de Paris, l'équipe Alpha Chaillot dispense des cours de français aux personnes étrangères.
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Bois-Guillaume

Une vraie fraternité : le témoignage de Christine THARASSE, bénévole ADF

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Bénévole de l'équipe d'apprentissage du français à Bois-Guillaume, Christine THARASSE rend hommage aux personnes migrantes qu'elle accompagne depuis plusieurs années : malgré les traumatismes du parcours migratoire, leur soif d'apprendre le français et leur volonté d'intégration forcent l'admiration et nourrissent une fraternité profonde

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En tant que bénévole du Secours catholique sur le territoire de Bois-Guillaume, intervenant dans l’apprentissage du français aux personnes migrantes en précarité, je tiens à témoigner et rendre hommage à ces personnes que j’accompagne depuis plusieurs années.


Je suis émerveillée par la résilience et l’implication de ces migrants qui, en dépit de difficultés matérielles, psychologiques liées aux traumatismes consécutifs aux drames vécus dans leur pays et durant leur parcours migratoire jusqu’en France , travaillent d’arrache-pied pour apprendre le français.

Comme le souligne le documentaire « Tout va bien » de Thomas Ellis, sorti en janvier 2026, rares sont les migrants qui, spontanément, évoquent les souffrances endurées : leur regard est tourné vers l’avenir et ils manifestent une détermination hors du commun dans leur volonté d’intégration. 


La volonté incomparable des personnes migrantes de découvrir, progresser et de s’intégrer dans notre pays nous interroge sur nos propres situations. Habitués à vivre confortablement, dans un pays que certains se complaisent pourtant à décrire au bord du précipice, il est revigorant de constater à quel point notre organisation sociale, culturelle et économique attire encore.

La maîtrise de la langue du pays d’accueil est indispensable à chacun pour exister en tant qu’« être social ». Toutefois les besoins et les attentes varient beaucoup d’un migrant à l’autre, leur niveau de scolarisation et leur bilan linguistique à leur arrivée étant très divers. Ainsi, ceux n’ayant jamais appris à lire ou à écrire nécessitent d’abord des cours d’alphabétisation. Ceux ayant obtenu un diplôme de l’enseignement supérieur dans leur pays d’origine, non reconnu en France, doivent acquérir une connaissance du français suffisamment élevée pour reprendre des études à l’université afin de valider leur cursus originel ou pour retrouver un métier proche de celui exercé auparavant. Pour d’autres, il s’agit de comprendre et de se faire comprendre pour exercer un métier alimentaire.  


Mais tous partagent une même soif d’apprendre le français pour réussir à s’intégrer, suivre une formation, trouver du travail. Certains s’engagent dans la préparation d’examens de validation de leurs compétences en français (DELF : Diplôme d’Eudes en Langue Française) de niveaux divers selon l’objectif visé. Leur réussite est marquée par une immense joie partagée par l’ensemble de l’équipe, une reprise de confiance en eux, confiance en leur nouvelle vie. 


Les liens de confiance tissés entre apprenants et bénévoles tout au long des cours permettent de créer une véritable convivialité , de partager les talents et savoirs faire de chacun, de bénéficier de la richesse apportée par la diversité des pays d’origine et de vivre ensemble des moments formidables, inoubliables, une vraie fraternité.

 

Christine THARASSE

Équipe d'apprentissage du français 

Bois-Guillaume
 

Auteur et crédits
Esraa ELMASRY